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...avec... 

Mon
ciel est un azur, qui, par instants, foudroie.
Bonté, fureur, c'est là mon flux et mon reflux,
Et je ne suis borné d'aucun côté, pas plus
Quand ma bouche sourit que lorsque ma voix gronde ;
Je me sens plein d'une âme étoilée et profonde
;
Mon cur est sans frontière, et je n'ai pas d'endroit
Où finisse l'amour des petits, et le droit
Des faibles, et l'appui qu'on doit aux misérables ;
Si c'est un mal, il faut me mettre aux Incurables.
Je ne vois pas qu'allant du ciel au genre humain,
Un rayon de soleil s'arrête à mi-chemin ;
La modération du vrai m'est inconnue ;
Je veux le rire franc, je veux l'étoile nue.
Je suis vieux, vous passez, et moi, triste ou content,
J'ai la paternité du siècle sur l'instant.
L'art d'être grand-père
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Grand
bal sous le tamarin.
On danse et l'on tambourine.
Tout bas parlent, sans chagrin,
Mathurin à Mathurine,
Mathurine à Mathurin.
C'est le soir, quel joyeux train !
Chantons à pleine poitrine
Au bal plutôt qu'au lutrin.
Mathurin à Mathurine,
Mathurine à Mathurin.
Découpé comme au burin,
L'arbre, au bord de l'eau marine,
Est noir sur le ciel serein.
Mathurin à Mathurine,
Mathurine à Mathurin.
Dans le bois rôde Isengrin.
Le magister endoctrine
Un moineau pillant le grain.
Mathurin à Mathurine,
Mathurine à Mathurin.
Broutant l'herbe brin à brin,
Le lièvre a dans la narine
L'appétit du romarin,
Mathurin à Mathurine,
Mathurine à Mathurin.
Sous l'ormeau le pèlerin
Demande à la pèlerine
Un baiser pour un quatrain.
Mathurin à Mathurine,
Mathurine à Mathurin.
Derrière un pli de terrain,
Nous entendons la clarine
Du cheval d'un voiturin.
Mathurin à Mathurine,
Mathurine à Mathurin.
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